
Message d'Henri-Georges
Bonjour à tous,
Me voici donc arrivé à la maison depuis maintenant 3 jours, après une traversée en 61 jours du Sénégal… au Brésil…J’ai inauguré un nouveau parcours vers l’embouchure de l’Amazone au lieu de l’embouchure du Mahury…
Arrivé avec 15 kg de moins (ce qui me redonne mon poids de lycéen !), je passe néanmoins une bonne partie de la journée devant le frigo,
ce qui laisse présager une reprise de poids relativement rapide…
J’ai pour l’instant encore quelques problèmes d’équilibre et ai nettement l’impression que mon lit se renverse
plusieurs fois par nuit. Epargné par les ampoules aux mains et autres bobos, j’ai cependant les doigts complètement congestionnés
et si je peux appuyer sur le clavier, tenir un stylo relève de l’exploit. J’ai enfin quelques difficultés à parler distinctement,
les muscles de ma machoire ayant peu fonctionné pendant la traversée (en dehors des vacations radio et coups de téléphone familiaux,
rares sont les baleines à m’avoir fait la conversation !).
Si vous vous demandez à quoi j’ai pu penser pendant tout ce temps passé sur l’eau à ramer, je vous répondrais que ce qui venait régulièrement à l’esprit,
c’est la dureté de la vie pour les gens qui souffrent de sous-nutrition et qui manquent d’eau. La gestion de l’alimentation et la rareté de l’eau potable
(liés à des problèmes techniques) ont été des points délicats pour moi.
En dehors de cela, je garde de cette épreuve de bons enseignements pour la vie. Cette traversée ressemble au parcours d’une vie, avec ses moments forts,
ses moments difficiles, des instants de joie et de tristesse. Je retiens que quand les conditions d’environnement sont favorables, il faut en profiter
pour faire le maximum car on ne sait pas de quoi sera fait demain. C’est ainsi que lors de conditions favorables la nuit, j’en profitais pour ramer.
J’ai été particulièrement marqué par le contact avec les mammifères marins, présents à différents moments mais sur toute la traversée : baleines, poissons,
dauphins, oiseaux… Ils m’ont suivi, accompagné comme si j’étais un des leurs.
Mais j’ai surtout trouvé ce que j’étais venu chercher, à savoir tester ma résistance mentale et physique, voir mes facultés à me dépasser.
J’ai ainsi compris que comme un moteur de voiture, on tourne généralement à 1500-2000 tours, à régime moyen et on ne sait pas forcément toujours
que l’on est capable de monter à 3000-4000 tours pour réaliser quelque chose d’exceptionnel à son propre niveau.
Je vais transmettre aux jeunes, tant que faire se peut et avec mon expérience d’encadrement de jeunes du milieu agricole, le goût de l’effort pour faire
aboutir ses projets et transformer ses rêves en réalité.
Dans ce cadre, je ferais la semaine prochaine une première restitution aux jeunes du lycée Michotte et je compte bien faire des petites conférences
et me rendre disponible auprès des jeunes qui le souhaitent.
Je présente tous mes remerciements à Olivier MANTEZ, directeur de NOFRAYANE, pour son soutien total, ainsi qu’à vous tous, mes supporters car vos messages
de soutien ont été très importants et m’ont souvent rajouté une deuxième paire de bras.
J’espère que cette traversée va vous motiver pour prendre le départ de la prochaine édition et je me tiens à votre disposition pour vous apporter quelques éclairages si vous le souhaitez.
Pour ma part, après quelques mois de repos, je compte poursuivre le développement du Club nautique la Pirogue, qui est un très bon support pour former les marins de demain. Concernant Rames Guyane, je compte rempiler dans 4 ans…
Retrouvez Henri-Georges sur le blog des élèves de la 1ère année de CAP APS du lycée Michotte :
http://ramesguyanemichotte.skyrock.com.
9 mai 2009 - 6h30 heure de Guyane

Henri-Georges et Didier Lemoine on touché terre jeudi 7 mai à 13h (16h TU) après avoir ramé dans l'embouchure du Mahury
pour arriver à la Marina de Degrad des Cannes où un public nombreux leur a réservé un accueil très très chaleureux au champagne.
Certains skippers sont venus à leur rencontre, parmi lesquels le vainqueur Patrick Hoyau, mais également Patrick Deixonne, Karl Barranco, Jean-Pierre Habold, Patricia Lemoine
et Jean-Pierre Lacroix.
Pascal Vaudé et Gilles Ponthieux avaient devancé leurs camarades puisqu'à l'occasion d'un départ pour une partie de pêche, ils sont passés saluer Henri-Georges et Didier Lemoine à l'Ilet la Mère tôt le matin.
Henri-Georges remercie l'ensemble de ses supporters et tout particulièrement la classe de 1re année CAP APS du lycée Michotte, ainsi que ses sponsors, dont NOFRAYANE, sans qui cette aventure n'aurait pas été possible, du début jusqu'à la fin...
Bientôt les photos de l'arrivée dans la sections "Photos".